Les participants au 28ème sommet de la Francophonie qui s’est déroulé à Montreux en octobre dernier débattaient du thème «Défis et visions d’avenir pour la Francophonie». Ambitieux programme pour une organisation pas toujours bien comprise. Quels en étaient les impacts au niveau local? Et pourquoi Montreux a-t-il été choisi pour l’organisation de cette réunion?
Laurent Wehrli, Municipal en charge de l’Economie, de la Culture, du Tourisme et du Sport à la Commune de Montreux, nous fait part en exclusivité de son regard sur l’événement qui a eu lieu dans sa commune.
ESL: Merci, Monsieur Wehrli, de nous accorder quelques minutes pour évoquer le sommet récent de la Francophonie. Quels étaient, d’après vous, les points forts de cette XVIIIe édition?
Laurent Wehrli: L’un des points forts est sans aucun doute le Village de la Francophonie, qui a permis des rencontres conviviales et de véritables échanges culturels entre les délégués et la population, que ce soit au travers des 50 chalets présents ou grâce aux 54 artistes venus se produire sur la scène. Par ailleurs, l’autre point fort est sans aucun doute la présence à Montreux de près de 40 chefs d’Etats ou de gouvernements.
ESL: Nous avons constaté une dimension conviviale (presque familiale) de cet événement. Serait-ce une particularité montreusienne?
Laurent Wehrli: L’aspect convivial a été voulu par la Municipalité, qui a souhaité la création du Village de la Francophonie, permettant ainsi, dans une zone libre d’accès et gratuite, d’associer la diversité culturelle francophone aux représentants officiels et à la population.
ESL: Pour le grand public, Genève est la capitale diplomatique de la Suisse. On pouvait donc s’attendre logiquement à ce que ce soit cette ville qui reçoive le sommet. Comment Montreux a-t-elle fait la différence?
Laurent Wehrli: Montreux a certains avantages, notamment en termes d’infrastructures. Citons par exemple le 2m2c, un centre des congrès entièrement modulable et sécurisable, à la pointe de la technologie et à proximité immédiate de deux hôtels 5 étoiles. D’autres critères ont certainement joué un rôle important, par exemple le cadre naturel exceptionnel, l’habitude d’organiser et de gérer de très grandes manifestations et, surtout, une réelle volonté politique d’accueillir ce XIIIe Sommet (tant au niveau des instances cantonales que communales).
ESL: En 2010, comment se porte le français dans le monde? Quel avenir pour la langue de Voltaire face à un anglais universellement répandu et un mandarin de plus en plus présent?
Laurent Wehrli: Comme toute langue minoritaire, le français doit rester attentif à son développement et à sa défense. Mais, au-delà de la langue, il nous semble important de mettre en avant et en valeur la culture francophone, dont la diversité et la richesse ont une nouvelle fois été illustrées dans le cadre du Village de la Francophonie ainsi que lors du spectacle de la RTS.
ESL: Et en Suisse, selon vous, comment se porte le français?
Laurent Wehrli: La population parlant le français augmente, toutefois dans une moindre mesure que celle parlant allemand, et contrairement à l’italien et au romanche qui continuent de baisser. Certaines villes bilingues voient même leur population francophone se développer. Par ailleurs, nous constatons que la population germanophone a toujours beaucoup de plaisir à venir sur la Riviera et à Montreux en particulier, que ce soit pour les festivals ou pour le Marché de Noël. Le français a donc encore de beaux jours devant lui !
ESL: Merci beaucoup, Monsieur Wehrli, pour ces informations très intéressantes et la note optimiste de vos propos!








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